L'Afrique, continent de la cryptomonnaie

L'Afrique, continent de la cryptomonnaie
Illustration par http://guineeconakry.online

L’Afrique, Terre promise

Le continent africain est surement celui où la cryptomonnaie pourrait être adoptée le plus rapidement. Le continent est celui où la population est la moins bancarisée : moins de 20% de la population aurait accès à un compte bancaire. A contrario, le pourcentage de population ayant une carte Sim atteint les 50%, même si ce pourcentage doit être relativisé étant donné qu’une grande partie des possesseurs de téléphones mobiles ont plusieurs cartes Sim, afin d’avoir une couverture réseau optimale. On peut également considérer que les personnes ayant un téléphone mobile et plusieurs cartes SIM font partie de la part de population la plus aisée et donc potentiellement bancarisée.

Nous supposerons donc que le pourcentage n’est représentatif que pour la moitié, soit 25% de la population. Ce pourcentage resterait alors légèrement supérieur au taux de bancarisation. Difficile de s’y retrouver dans tous ces chiffres potentiellement gonflés et donc non pertinents. Nous parlerons donc ici plutôt d’opportunités de marché, l’Afrique étant un continent où le marché de la téléphonie progresse en permanence, Lesafriques estime ainsi que le taux de possesseurs de téléphones mobiles au Kenya est proche de 100% chez les 15-64 ans.

La cryptomonnaie et la réduction des coûts de transactions

L’Afrique est au cœur de nombreuses transactions monétaires, cette année la diaspora africaine a envoyé environ 70 milliards d’euros, dont 50 pour l’Afrique subsaharienne (Rapport Banque Mondiale). Ces mouvements sont pour certains pays d’une importance cruciale comme au Libéria où les transactions issues de la diaspora représentent un quart de son PIB.

L’économie du Libéria est donc en partie dépendante des transactions issues de la diaspora, il est alors primordial que celles-ci soient sécurisées et peu coûteuses. La notion de coût est inévitable tant les transactions peuvent être coûteuses entre pays africains, c’est notamment le cas au Mozambique où le coût de transaction peut atteindre plus de 20%, quand ce même transfert n’aurait coûté que quelques euros en transférant du bitcoin.

Selon la Banque Mondiale, c’est d’ailleurs l’Afrique subsaharienne qui est la région la plus taxée lors des transferts de fonds entre Banques, avec un taux de 9%. Pour 75 euros, cela représente une transaction banquaire classique de 835 euros. Récemment, pour 75 euros de frais, une transaction évaluée à 1 Milliard d’euros a été réalisée en bitcoin.

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EAP = Asie de l’Est et Pacifique

ECA = Europe et Asie centrale

LAC = Amérique latine et Caraïbes

MENA = Moyen-Orient et Afrique du Nord

SAR = Asie du Sud

SSA = Afrique subsaharienne

L’Afrique entre interdictions…

L’Afrique ne découvre pas les cryptomonnaies, elles sont d’ailleurs déjà régulièrement utilisées, notamment au Nigéria qui à lui seul pèse plus de 8% des échanges de bitcoins. D’autres pays africains ont connu le succès des cryptomonnaies comme le Zimbabwe et l’Algérie, mais ce succès a été jugé comme nocif pour l’économie du pays. La population étant demandeur de cryptomonnaie, le cours des monnaies nationales fût trop impacté, et l’utilisation de cryptomonnaies a finie par être interdite.

…Et revendications

On oublie trop souvent le but principal de la Blockchain et de la Cryptomonnaie. Vous entendrez souvent parler de traçabilité, de désintermédiation… mais on oublie la notion d’indépendance et de liberté.

Ces notions prennent sens en Afrique, où l’on constate ces dernières années la volonté de ne plus avoir recours aux monnaies coloniales comme l’est le franc CFA. Le franc CFA sera remplacé prochainement par l’ECO, qui n’est en réalité pas grand-chose de plus qu’un changement de nom.

La cryptomonnaie est donc actuellement l’une des meilleures manières de se soustraire aux monnaies coloniales et d’obtenir son indépendance. On pourrait également facilement imaginer une cryptomonnaie africaine, l’Afrique étant en phase de création d’une ou plusieurs nouvelles monnaies, le moment ne pourrait être plus propice à la mise en place d’une cryptomonnaie africaine d’importance continentale. Nous parlons ici d’importance continentale, car des cryptomonnaies africaines existent déjà comme l’Ambacoin qui a vocation à financer l’indépendance d’une région. Vous pourrez également trouver la cryptomonnaie AFRO qui a la volonté de devenir le Bitcoin africain, même si celui-ci fonctionne différemment, ils utilisent notamment le Proof of Stake contrairement à Bitcoin qui lui est en Proof of Work.

La cryptomonnaie AFRO peut cependant être critiquable, car possédée à 80% par la fondation qui l’a créée, elle est donc l’unique décisionnaire. A contrario, cela permet de contrôler le cours et les transactions, il reste donc aux acteurs de décider de la confiance accordée à cette organisation. D’autres projets existent comme l’Akoin qui sera lui destiné à être utilisé dans une « crypto-city » au Sénégal. Son créateur, le chanteur Akon, souhaite émanciper le peuple de son gouvernement et voit même encore plus grand en souhaitant, lui aussi, une cryptomonnaie continentale.

SOURCES : Base de données Remittance Prices Worldwide, Banque mondiale.

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Marvin
Marvin Diplômé de Master CCA, Auditeur/Collaborateur Comptable, passionné d'économie et de crypto-économie

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